Prolongement d'un cours, ce
blog de théologie fondamentale est ouvert
à tous les chercheurs de vérité, autour de questions telles que :
Comment envisager raisonnablement une possible relation entre Dieu et l'homme?
Quel crédit et quelle autorité accorder à la Parole de Dieu contenue dans la Bible?
Qu'est ce que cela implique de la recevoir comme Parole de Dieu,
pour soi et pour le rapport aux autres - particulièrement les autres religions?


"Envoie ta lumière et ta vérité,
Qu'elles guident mes pas, Seigneur"

mercredi 23 avril 2008

l'Eglise a-t-elle sa place en Algérie?




Compte rendu d'une visite éclair dans le diocèse de Constantine, à l'est de l'Algérie, ou comment choisir d'être l'étranger pour manifester que tout homme est un frère... Trois jours, c’est peu pour découvrir un pays, mais ce fut pourtant déjà tellement dense ! Quelques mots pour essayer de dire ce que j’ai vu.
J’ai vu une Eglise bien vivante malgré la faiblesse de ses moyens ; une Eglise où se vit une vraie et tangible communion fraternelle. Une Eglise qui ne se raconte pas d’histoires : j’ai été frappé de la simplicité de l’accueil, au Bon Pasteur, sans manières ni grands discours, sans fard – comme en famille. La célébration de l’eucharistie, à Chechar et à Constantine, a aussi été un moment fort de cette fraternité universelle qui nous rend si proches « dans le Christ », signe de cette foi qui nous rassemble, au delà de vies bien dissemblables, source aussi de cette fraternité nouée avec les habitants de ce pays.
Ces habitants, je les ai peu rencontrés : quelques mots souvent banals échangés avec l’un ou l’autre au coin d’une rue ou dans un café à Chechar. Mais à travers les chrétiens présents ici, je sentais aussi naître pour moi cette fraternité avec ce peuple, dont l’Eglise est le ferment. Ces quelques mots échangés me disaient quelles relations pouvaient ainsi se tisser dans cette présence et dont je pouvais, moi aussi, bénéficier sans y avoir travaillé !
J’ai vu l’Eglise qui est en Algérie, et qui n’est pas – ou bien peu – algérienne. Elle ne peut vivre sans apport extérieur. « Mais pourquoi sont ils là ? » Sa présence m’a parfois semblée incongrue dans cette société dans laquelle elle reste un « corps étranger » : l’Eglise n’a rien a y faire, on n’a pas besoin d’elle, en quelque sorte. Et pourtant elle ne veut pas vivre en marge de la société algérienne, en s’occupant de ses affaires : elle veut partager le quotidien de ceux pour qui elle est là. C’est pourquoi elle a une telle valeur de signe, il me semble : sa présence est le fruit non pas d’intérêts humains mais de la volonté d’obéir au commandement d’amour du Christ. Pas besoin d’annoncer à grand bruit l’évangile : le simple fait de cette présence crie déjà « si nous sommes là avec vous, c’est au nom du Christ !». Au nom du Christ, c’est à dire par amour, et non pour vous récupérer, vous convertir…
J’ai vu la gratuité de cet présence dans cette Eglise qui a le temps de perdre du temps pour vivre au rythme de ce pays, pour avancer au pas de l’autre, qui n’hésite pas à faire de longues distances pour une simple rencontre, bien loin des exigences d’efficacité, de « rentabilité », de quantité qui encombrent souvent notre relation pastorale ! Tout prend du temps, tout est toujours à refaire, il semble parfois que l’on ne fasse pas grand chose et j’imagine que cela doit être pesant – mais cela témoigne bien que cette Eglise est là pour l’autre et non pour sa propre réussite. Je trouve que nous avons là à apprendre comment ne pas « mettre la main sur les gens » mais au contraire être au service de leur liberté.
J’ai vu une Eglise dépouillée qui révèle la radicalité de l’évangile. Dépouillée, car les moyens humains et matériels sont dérisoires pour ce vaste diocèse. Dépouillée, car elle n’a pas réellement droit de cité : elle est tolérée, mais j’ai cru sentir qu’elle avait peu de poids quand il s’agissait de s’opposer à une décision ou de défendre ses doits… Et dans ce dépouillement apparaît la radicalité de l’évangile, non pas dans la force volontariste d’une vie héroïque mais plutôt comme sa racine profonde, mise à nu quand l’arbre est privé de ses déploiements naturels. Il ne reste alors que la force de cette Parole qui dépasse tout le bon sens des réalisations humaines, qui invite à cette remise en question permanente, à ce déplacement continuel : accepter d’être l’étranger parce que je reconnais en l’autre un frère !
Qu’ai je vu finalement ? Bien peu de choses dont je pourrai parler. J’ai d’ailleurs plus entendu que vu ! Quelques belles rencontres, la traversée d’un beau pays, des petits détails que je ne saurais pas raconter… et aussi, beaucoup de questions de fond ! Mais à travers ces quelques réflexions sans prétentions, il s’agit surtout pour moi de dire que l’Eglise de Constantine a désormais un visage et des richesses que j’aimerais pouvoir partager ! Et ce visage est aussi pour moi une invitation à prier de manière plus concrète pour tous les chrétiens et les habitants de ce pays.

1 commentaire:

bernard n. shull a dit…

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